source : dailymail le 20/04/17

Charlie George était content du tirage au sort pour les demi finales. Non seulement il considère que l’équipe de Pep Guardiola est l’adversaire qui convient le mieux à Arsenal, mais en plus il a toujours aimé jouer contre Manchester City. Il y a 46 ans, ses buts éliminent City du 5ème tour de la FA Cup, c’était la dernière fois que ces deux équipes se sont rencontré dans cette compétition, et c’est là que sa célébration iconique était née.

« C’est là que j’ai fais ma fameuse célébration, couché sur le sol. Il pleuvait comme vache qui pisse sur Manchester, comme d’habitude. J’aimais jouer sous la pluie et dans la boue, et Main Road était un de mes stade favoris. Avant le match, Frank McLintock me prend à part dans le vestiaire et me dit : ‘Ecoute Charlie, j’ai parlé à [l’adjoint du manager] Malcolm Allison, et il pense que t’es une putain de brêle’. Du coup, première mi temps on a un coup franc, je le tire – plutôt bas car Joe Corrigan est dans les buts et ce n’était pas le plus rapide pour se coucher – un à zéro, merci beaucoup. Seconde mi temps, je prend le ballon vers la ligne médiane, ils me courent après, donc je continue d’avancer, et je frappe la balle et je marque. Deux à zéro, donc je cours et je me couche sur le dos, en regardant Malcolm Allison. Après le match, je lui cours après dans le tunnel, l’insultant, l’appelant de tout les noms possible. Il ne comprends pas ce qu’il lui arrive. En fait Frank avait tout inventé. Il est allé voir Malcolm pour s’excuser. »

Verre de Merlot à la main, George adore raconter ses souvenirs. Eddie Kelly a entendu l’histoire des centaines de fois mais en rigole toujours. Les Gunners ont besoin de sourire en ce moment. Il manque un doigt sur la main droite de Charlie George, perdu dans un accident de tondeuse à gazon quand il était joueur à Southampton, vers la fin de sa carrière. Mais avec sa main gauche il prouve qu’il peut toujours donner le V sign. Plus de rires. C’était le pure rebelle Cockney d’Arsenal. Avec ses cheveux longs, ses tendances à se rebeller contre l’autorité – que ce soit à Arsenal contre le manager Bertie Mee, ou contre la FA, il était adoré par les fans, comme en parle Nick Hornby dans son livre Fever Pitch.

« J’ai défendu ce que je pensais juste, mes principes. J’ai marqué deux buts à Derby en Cup, et j’ai couru plus de 60 mètres pour leur donner le V sign. On m’a punit pour ça. Leurs fans devenaient fous. J’ai été un peu sceptique quand j’ai plus tard signé pour eux, mais finalement ils m’ont adoré là-bas. »

Il se rappelle avoir mis « une torgnole » à un photographe lors d’un match avec Southampton à Norwich, et s’en est sorti seulement avec une amende de £1000. « J’ai cru qu’ils allaient me crucifier. Mais cette nuit là, John Lennon se fait assassiner à New York, et ça prend toute la place dans les journaux. Merci John ».

Il y a aussi eu son engueulade avec le sélectionneur de l’Angleterre, Don Revie, qui avait osé le faire jouer milieu gauche, avant de le remplacer après une heure de jeu, pour sa seule et unique sélection. « Quand je suis sortie, il me dit « serre moi la main ». Je lui ai répondu d’aller se faire enc*ler et je suis allé directement dans le tunnel. Quand il est partit pour l’argent entrainer en Arabie Saoudite, Ron Greenwood qui a pris la suite m’a appelé pour me faire jouer en Équipe B … Je lui ai dit « C c’est pour Charlie, C c’est pour classe, carre toi ton Equipe B dans ton cul ». Et c’était la fin de ma carrière internationale. »

Eddie Kelly et Charlie George se remémorent les succès des années 70s

La célébration couché dos sur le sol est vraiment devenu iconique lors de la finale de la FA Cup à Wembley, après un des buts les plus connus de l’histoire d’Arsenal, un but victorieux dans les prolongations contre Liverpool, un but qui permet aux Gunners de gagner le doublé en 1971.

« Ce n’était pas mon plus beau but, mais c’était le plus important. J’ai marqué quelques buts contre Man City, un contre Newcastle quand j’ai fais un une deux avant de frapper au but. Avec Derby, j’ai marqué un hat-trick contre le Real Madrid, 4 buts en tout sur les deux matchs, et le plus beau était un de ceux là. Frappe en lucarne de 40 mètres, un but incroyable dont personne ne parle vu qu’on a perdu 5-1 en prolongation. Je savais frapper un ballon, c’était mon talent. Quand John Radford me donne la balle, je n’avais qu’une idée en tête. Frapper la balle et c’est rentré, et je suppose que ça a changé ma vie. »

George continue de vive à Islington, parmi les siens, où il a l’habitude de faire des selfie avec les fans et discuter du bon vieux temps. Quand le chanteur des Sex Pistol et fan d’Arsenal John Lydon l’a croisé dans un bar le mois dernier alors qu’il était avec ses potes, il a donné £100 au barman pour payer leurs consommations.

« Quand j’avais 5 ans, j’étais debout dans la ‘milk crate’ [partie du stade pour les enfants] en South Bank. J’ai signé au Club comme apprenti quand j’avais 11 ans. Quand j’étais plus vieux, j’allais avec mes potes en North Bank. Et ensuite j’ai marqué à Wembley. Parfois on dirait que je n’ai marqué que ce but là, mais c’était un beau but, et iconique car ça nous permet de remporter le doublé, et la dernière équipe qui avait réussit ça c’était l’autre bande au bout de la rue. »

Le but d’Eddie Kelly à Wembley a aussi son importance, c’était le premier marqué par un remplaçant lors d’une finale de FA Cup. « Le pire but de l’histoire des finales de FA Cup » coupe Kelly, mais un but vital tout de même qui permet d’égaliser contre Liverpool. Un but que célèbre George Graham comme le sien. C’est seulement lors du banquet d’après-match à l’hotel Grosvenor House, et que les commentateurs Jimmy Hill et Brian Moore sont arrivés, qu’il a su que ce but lui avait été accordé car Graham ne l’a pas touché.

« Personne ne savait qui avait marqué, et George était un tel menteur. Quand Frank lui a demandé pourquoi il a célébré ce but alors qu’il n’a même pas touché le ballon, il a répondu : « Tu préfères embrasser qui? Moi ou Eddie? » John Radford continue de dire que c’était à égalité entre lui et George pour l’Homme du Match, mais ils l’ont donné à George à cause de ce but. Du coup Raddy attend toujours son trophée. »

Kelly a commencé à jouer au Football avec Kenny Dalglish à Possikpark [Glasgow] et est arrivé à Arsenal à l’âge de 15 ans. « Je gagnais plus d’argent comme laitier à Glasgow » il raconte, même si il a gagné de l’argent en plus lorsqu’il a aidé à construire le ring à Highbury pour la rencontre entre Henry Cooper et Cassius Clay en Mai 1966. Le milieu a le nez pour les buts important. Il marque le premier but lors de la finale retour de Fairs Cup contre Anderlecht, qu’Arsenal remportera malgré une défaite 3-1 en Belgique. « Celui là, George Graham ne l’a jamais pris pour lui. »

C’était le premier trophée majeur en 17 ans pour Arsenal, et l’équipe était fait de joueurs issus de l’Academy, mené par le capitaine Frank McLintock, et entrainé par Dave Sexton et Don Howe. Beaucoup restent en contact, et ils se sont retrouvés aux funérailles de Don Howe l’année dernière. Frank McLintock y a fait un discours. « Frank était une inspiration. » raconte Kelly « Un tel compétiteur. On pensait qu’il avait joué un autre match après le match aller contre Anderlecht. Dans le vestiaire il disait ‘Attendez qu’ils viennent à Highbury’. C’était son premier trophée. On ne pouvait plus le faire rentrer au vestiaire à la fin. Un grand capitaine. Il vous donne encore les frissons quand il parle Football. »

Lors de l’avant dernier match de la saison 70-71, il marque le but vainqueur contre Stoke. Puis deux jours plus tard, un lundi soir, il est dans l’équipe à Tottenham quand un 0-0 ou permet à Arsenal de finir champion, pour la première fois depuis 1953. « Ils devaient être une centaine de millier dans ce stade » se rappelle Charlie George. « On a du sortir du bus  et marcher 300 mètres jusqu’à l’entrée du stade. Les gens vendaient les billets très chers pour ce match. On a finit avec plus de fans d’Arsenal à White Hart Lane que de fans des Spurs. »

Ray Kennedy marque le but vainqueur et les célébrations ont duré toute la nuit. « J’étais le seul à rentrer à la maison » dit George. « On les a tous déposé au pub White Hart à Southgate, moi je suis resté dans le bus jusque Finsbury Park, puis j’ai pris le 359 vers Camden Road où je vivais avec ma mère et mon père. Quand je suis rentré, il y avait que dalle à l’intérieur. Tout le monde était dehors en train de célébrer. Je suis allé au lit. Regardez moi, l’ultime professionnel. »

Les deux considèrent le départ de Don Howe comme le début de la fin et blâment Mee pour avoir démantelé l’équipe trop tôt, en vendant McLintock à QPR et Kennedy à Liverpool. Charlie George : « J’ai entendu que Liverpool voulait me signer. Ils n’ont pas voulu me vendre, ils ont vendu Ray à la place. » George a flirté avec Tottenham avant de finalement signer chez les champions, Derby, en 1975. Kelly a rejoint QPR un an après, et ils ont ensuite voyagé de Clubs en Clubs, laissant ces bons souvenirs à Arsenal. Gagner le titre de champion en début de carrière, Eddie Kelly la termine dernier de la Football League avec Torquay.

« Je voulais m’occuper d’un Pub à Leicester, mais Dave [Webb] dit au Chairman que j’avais joué à Chypre. Tony Currie jouait au milieu avec moi, un joueur brillant, mais il ne pouvait plus s’entraine à cause de ses genoux. Il conduisait un taxi, donc il venait le Vendredi et jouait le Samedi. On était les deux joueurs les plus lent du championnat. On était tellement nul que ça m’a dégouté. Je ne suis plus venu voir un match à Torquay pendant 5 ans. »

Kelly vie toujours à Devon [Glasgow], après 15 ans passé dans la vente de double-vitrage, et regarde Arsenal de loin. Quand il réfléchis aux problèmes de l’équipe d’Arsène Wenger, il réalise que la liste pourrait être longue. George est lui toujours dans la famille Arsenal, il fait les visite de l’Emirates Stadium. Il a récemment atteint les 70.000 visiteurs, et rappelle que presque tous sont fermement derrière Arsène Wenger et en admiration pour ses succès.

« J’ai vu des équipes de merde à Arsenal. J’étais là quand on s’est fait détruire par Leeds lors d’un Jeudi soir en 1966 devant 4.554 spectateurs. Billy Wright était le manager. En North Bank, on allumait des feus de joie, et en South bank, un gars a sortie une trompette de son manteau et jouait « Last Post », putain! Je suis un fan, j’ai la rage quand on perd. Mais la bande du bout de la rue, ils ont une bonne équipe et Dele Alli peut devenir une super star, mais je ne pense pas qu’ils gagneront quoi que ce soit. Ils pourraient bien finir devant nous pour la première fois en 22 ans. Est-ce que c’est leur saison? Je ne pense pas. Ils vont avoir du mal dans leur nouveau stade, comme nous. Jusqu’à ce qu’ils réussissent tout ce que cet homme a réussit pendant 20 ans, qu’ils ne viennent pas me parler. »


EDDIE A PROPOS DE CHARLIE : « Charlie était une individualité qui pouvait gagner un match sur une passe ou un but exceptionnel. Il était flamboyant, et arrogant. Il pouvait jouer au Football comme le Football est joué maintenant. C’était un grand joueur. Il me rappelle un peu Harry Kane. Deux bons pieds, il peut revenir bas chercher le ballon. »

CHARLIE A PROPOS D’EDDIE : « Eddie avait tout ce qu’on attend d’un milieu. Il pouvait tacler, courir, passer, tirer, marquer. Il aurait pu probablement faire une meilleure carrière. Il peut dire la même chose pour moi. On était des gamins, on a grandis ensemble en partant de rien. »